20La ferme-château de Barse

Accessible aux personnes à mobilité réduite

GPS

50.48457, 5.26218

Alexandra Cool

Alexandra Cool est sculptrice et photographe. Elle a travaillé pendant plusieurs années à Carrare (Italie), à New York et en Corse. Aujourd'hui, elle a posé bagages et outils entre Ossogne-Thuin, essentiellement, en Belgique et l’Auvergne en France. Alexandra entretient un rapport intime avec la nature. Son respect pour les matériaux naturels et leur beauté intrinsèque est sa principale source d'inspiration. Elle tente de révéler ce qui est invisible et silencieux, aime explorer la relation entre la nature et les gens. Abondamment nourri de références et d’exemples puisés dans l’histoire de l’art (mais aussi dans celle des mythes et des symboles), son travail n’en est pas moins, à d’autres moments, clairement engagé sur le plan social. 

Ces différentes directions sont d’ailleurs représentées à travers la diversité des installations proposées au long du parcours de cette biennale. Ainsi sa série de collages photographiques « Lost Paradise » traitant de la question, cruciale et actuelle, des migrants, des réfugiés, procède-t-elle d’une double réinscription, d’un double déracinement mais aussi d’un double accueil: à la fois dans l’histoire de l’art et des formes, au sens le plus classique, mais aussi dans le paysage réel qui les reçoit et s’en trouve transformé. Sa série de neuf planches de bois, portraits du Fayoum (et impressions photographiques d’après dessin) ne peut qu’évoquer l’absence, susciter le recueillement — un silence empreint de mémoire voire de spiritualité. Leur présence sur le site de l’ancien château du Fourneau, lieu d’hébergement puis d’internement des Juifs, et qui a brûlé il y a trente ans, préfigure l’appel à projet d’une œuvre mémorielle qui se concrétisera dans le courant de l’année 2024. Un polyptyque en noir et blanc (mur de l’atelier Devenirs) évoque quant à lui la ligne de faille tectonique entre Europe et Amérique, tandis que son impressionnant travail « Mouseion », autour des femmes et muses d'artistes célèbres, alliant sculpture et photographie, résonne dans le magnifique espace du manège de la ferme de Barse. 

http://alexandracool.com

Sandrine Dryvers

Sandrine Dryvers (née en 1970, vit et travaille à Liège) est photographe, cinéaste, vidéaste, monteuse; elle est également enseignante. Si ses premiers courts et moyens métrages étaient d’inspiration documentaire et sociale, portant la marque d’un engagement clair (Punk Picnic, 1998, Alter égaux, 1999) voire les signes d’une contestation, d’une révolte, la suite de sa production (textes, photographies, vidéos), sans renoncer à ces problématiques, les a rassemblées autour de nouvelles trames plus intimes ou familiales. Ainsi Allô Europe (2018) semble-t-il conjuguer ces différents ingrédients, questionnant la crise sociale et identitaire européenne au gré d’un road-movie tourné au smartphone, en compagnie de sa fille Mona et de quelques compagnons de route.

La même Mona occupe d’ailleurs une place à part dans les photographies de Sandrine montrées à l’occasion de la Biennale. Elle est, si pas le personnage exclusif, du moins le motif principal, autour duquel les joies simples, le quotidien débridé, les petits accrocs du temps qui passe, filtrent et rayonnent d’une image à l’autre. Par association libre, au gré des circonstances, des instincts, des humeurs.

Une seconde série (qui constitue plutôt un chapitre à part inscrit dans la première) a été réalisée au moment des grandes inondations de l’été 2021. Secourant un ami artiste installé au bord de l’Ourthe, Sandrine a décidé de photographier un à un les objets de ses différentes collections, réchappés de la boue et nettoyés vaille que vaille, symboles ténus mais puissants de la détresse qui a saisi les riverains, mais aussi de la solidarité et de l’entraide qui ont alors émergé. Ce sont des fragments de cette seconde série, à la fois spontanée et rigoureuse, systématique, qui sont présentés à l’occasion de la Biennale sous une forme inédite.

instagram.com/sandrinedryvers/?hl=fr