Marchin – Ossogne     Du 3 au 25 août 2019
20 expositions ouvertes les week-ends + jeudi 15 et vendredi 16 août, de 10h à 19h
  1. À Huy

    En prélude à la 9e Biennale de photographie en Condroz, la Fondation Bolly-Charlier accueille à la Galerie Juvénal une sélection d’images des photographes de cette nouvelle édition. 

    Nathalie Amand (B), Christian Cadet (B), Damien Caumiant (B), Damien Daufresne (F), Babs Decruyenaere (B), Arpaïs Du Bois (F), Henri Evenepoel (B), Cendrine Genin (F), Colin Gray (SCO), Idrisse Hidara (B), Mégane Likin (B), Matthieu Marre (F), Renaud Monfourny (F), Sarah Seené (F/CA) invitée par Brownie, Marie Sordat (F), Jef Van den Bossche (B) ;
    et un choix parmi les collections de Contretype, Centre pour la photographie contemporaine : Marie-Noëlle Boutin (F), Elina Brotherus (FIN), André Cepeda (PRT), Vicente de Mello (BRA), Angel Marcos (ESP), Bernard Plossu (F), Sébastien Reuzé (F), Satoru Toma (JPN).


    Du 5 juillet au 25 août 2019

    Tous les week-ends + les 15 et 16 août, de 14h à 18h
    À la Galerie Juvénal, Place Verte, 6 à Huy


  2. À Grand-Marchin


  3. 1. Centre culturel de Marchin

    Un choix parmi les collections de Contretype, Centre pour la photographie contemporaine à Bruxelles 

    C’est en 1978 que Jean-Louis Godefroid (1952-2013), photographe diplômé de l’école « le 75 » crée l’asbl Contretype afin de diffuser la photographie d’auteur en fédération Wallonie-Bruxelles et à l’étranger. Il organise des expositions dans son appartement (Paul Horst, Robert Rauschenberg, David Hockney, Peter Downsbrough, Robert Mapplethorpe, Karl Blossfeldt, Willy Zielke, Roger Kockaerts, Gilbert Fastenaekens...).

    Tout en associant des activités dans les domaines de la production, de la diffusion, de l’édition de livres et de portfolios, Contretype contribue au développement de la carrière artistique d’auteurs photographes et crée des liens entre artistes, publics et médias.

    En 1988, Contretype s’installe dans l’hôtel de maître Art Nouveau d’Edouard Hannon, membre fondateur en 1874 de l’Association belge de photographie. De multiples expositions y seront présentées, parmi lesquelles Joel Peter Witkin, Charles Leirens, Serge Vandercam, Julien Coulommier, Daniel Brunemer, Paul Den Hollander…

    En 1997, Contretype met sur pied un programme de residences d’artistes pour photographes belges et étrangers – y ont participé entre autres : Alain Paiement (Qc), Bernard Plossu (F), Elina Brotherus (Fi), JH Engström( S), Philippe Herbet (B). Ce projet permet aux artistes de mener une réflexion sur leur propre travail et d’élaborer un projet photographique dans le contexte particulier de la ville de Bruxelles. Sur base de ces résidences, l’association a constitué une collection d’œuvres photographiques comprenant à l’heure actuelle près de 250 œuvres. Depuis fin 2014, Contretype poursuit ses activités dans un autre bâtiment prestigieux de la Commune de Saint-Gilles: la Cité Fontainas.

    L’exposition de la Biennale montre un choix parmi la collection : Marie-Noëlle Boutin (France, 1971), Elina Brotherus (Finlande, 1972), André Cepeda (Portugal, 1976), Vicente de Mello (Brésil, 1967), Angel Marcos (Espagne, 1955), Bernard Plossu (France, 1945), Sébastien Reuzé (France, 1970), Satoru Toma (Japon, 1976).

    www.contretype.org


  4. Renaud Monfourny (France)

    Né en 1962 et élevé à la campagne, Renaud Monfourny attrape le virus en adhérant au photo-club local à l’adolescence. D’une école de photographie, il ne retiendra qu’un diplôme supérieur « bien inutile » (dixit l’intéressé) et entretiendra surtout sa passion en découvrant l’histoire de son médium. Dans les années quatre-vingt, il enseigne la photographie à l’école d’architecture de Paris-Conflans tout en multipliant les projets personnels. Parallèlement, il commence sa collaboration avec la presse et participe à l’aventure de plusieurs journaux, dont un perdurera : la revue
    « Les Inrockuptibles ». Depuis les années 90, il se consacre uniquement à ce magazine et continue ses travaux personnels.

    Membre fondateur et photographe principal des « Inrocks », il a contribué, et pas qu’un peu, à l’identité visuelle du journal à travers ses portraits en noir et blanc, frontaux et frappants, qui ont fait ouvrir les yeux tout grands à une génération métissée qui découvrait, du même coup, que le rock était aussi une façon d’écrire, de se comporter et de s’intéresser. Depuis près de trente ans, il photographie les figures les plus emblématiques de la musique, de la littérature et des arts telles que Jean-Luc Godard, Björk, Serge Gainsbourg, Kurt Cobain, Marguerite Duras, Leonard Cohen, Gerhard Richter, Catherine Deneuve, Michel Houellebecq, Eric Cantona, Quentin Tarantino, Isabella Rossellini, etc. D’autres séries le voient explorer le nu, la nature morte, le paysage ou la symbolique éparse des trottoirs urbains.

    Il continue aujourd’hui de capturer la scène artistique, tant connue qu’indépendante, et  son œuvre, célébrée à présent dans le monde entier et même à Paris (expo à la MEP en 2016) lui vaut d’être invité à maints événements et festivals. Ni bourse, ni prix (ni médailles, ni fleurs, ni couronnes etc.). Ses photographies se rencontrent dans des collections privées ou dans pas mal d’expos à travers le monde : Buenos Aires, Tokyo, Bruxelles, New York, Berlin, Lausanne, El Salvador, Thessalonique, Madrid… Le photographe anime un blog où il présente l’actualité culturelle : http://blogs.lesinrocks.com/photos/

    Un recueil d’environ 130 portraits photographiques, intitulé « Sui Generis », est paru en 2016 aux éditions Inculte ; un autre sur le Velvet Underground aux éditions du Caïd. Plus d’un fil de son passé, de toute façon, le relie à la Belgique — et plein de bonnes raisons l’amènent dans le Condroz.

    www.renaudmonfourny.com


  5. 2. La "Cure"

    Nathalie Amand (Belgique)

    La photographie entretient un rapport complexe et subtil avec la réalité : elle la reproduit de manière fidèle mais ne l’est pas puisqu’elle est soumise au regard subjectif du photographe. « Cet état de fait m’a toujours poussée à fabriquer mes images. J’interviens et je manipule le réel lors de la prise de vue. Essayer de montrer les choses telles qu’elles sont m’intéresse peu, ce qui compte pour moi est la relation que j’entretiens avec elles au moment où je les photographie. J’aime montrer ma propre vision des choses plutôt que les choses elles-mêmes. La photographie doit me surprendre et m’apporter un regard différent sur ce qui m’entoure. En ce sens elle est un témoignage de ma relation au monde, elle est expérience. Mes recherches sont essentiellement axées sur les notions du temps à travers des thèmes picturaux classiques tels que le nu, l’autoportrait, le portrait, le paysage,  la nature morte et les vanités. Ceux-ci sont abordés de manière théâtralisée sous forme de séries réalisées pour la plupart au grand et moyen format. L’aspect esthétique y prend une part prépondérante afin de mettre en évidence la beauté et la fragilité en toute chose et nous amener à nous interroger sur nous même. » (N.A.)

    www.nathalie-amand.fr


  6. 3. Le “Bistro”

    Christian Cadet (Belgique)

    On sait peu de choses de Christian Cadet, amateur éclairé qui fut actif en bord de Vesdre (Trooz et alentours) dans les années septante, avant de remiser ses appareils, pour de bon apparemment, dans les années quatre-vingt. À l’initiative de son fils Raphaël, le travail de Christian Cadet a refait surface il y a peu de temps, dévoilant — d’archives en tirages vintage, de planches-contact en négatifs, le tout relativement dépareillé — un éclectisme et une sensibilité qui valent le coup d’œil, voire la redécouverte. Scènes de famille ou intimes, portraits et nus (notamment en intérieur ou dans la mouvance « flower-power » qui suivit la simplicité et la nudité du mouvement hippie), scènes de bistrot ou de rue, paysages et motifs de proximité servant de prétexte à quelques expérimentations en chambre noire… Très variée, inégale mais laissant régulièrement place à d’heureuses trouvailles visuelles et à de savoureux moments de tendresse ou de pittoresque, l’œuvre de Christian Cadet pourrait faire figure de cousine, plus modeste dans la durée et l’ambition mais pas très éloignée dans l’esprit, de celle de Georges Thiry, avec qui le photographe de Trooz partage une prédilection pour certains sujets et une approche sobre, en noir et blanc, à la fois classique et imperceptiblement décalée, involontaire témoin de son temps parce que curieux de tout…


  7. 4. Chez M. et Mme Colson

    Idrisse Hidara (Belgique)

    « Je vis et travaille à Liège. J’ai étudié la photographie à l’Institut Supérieur des Arts Saint-Luc. Mes images sont des fragments de vie que je capture lors de voyages ou tout simplement dans mon quotidien. Je suis très sensible aux teintes et à la densité de mes images, je suis fortement attaché à la lumière : c’est ce qui laisse planer une certaine forme d’intemporalité, marquée d’un mystère ou d’une certaine forme de poésie. J’aime cadrer de manière neutre et prélever l’essence même de ce qui m’a poussé à photographier. Dans le cadre de la Biennale, je présente mon projet " Un voyage dans l’ombre ". Cette série est née lors de ma première découverte des Etats-Unis. C’est à travers l’ombre et la lumière que j’ai décidé de partager mon voyage. J’avais envie de me détacher du réel afin de créer ma propre histoire. Une vision nourrie par les images photographiques et cinématographiques qui hantaient mon esprit. C’est dans ces clairs-obscurs que je me sentais le plus proche de cet univers onirique. Des photographies dans lesquelles plane un certain doute, un certain mystère, qui invite le spectateur à se créer sa propre histoire. »

    www.idrissehidara.be

     


  8. 5. L'Église de Grand-Marchin

    Cendrine Genin (France)

    Je recherche l’intime, la rencontre, pour donner forme à la matière. Etre suffisamment loin pour dire mais suffisamment près pour toucher. Me glisser entre l’immense et l’infiniment petit.
    Mon regard s’attache aux failles du vivant. Ce qui surgit se fait sans moi, ne m’appartient pas. Je peux alors proposer à l’autre cet espace ouvert. Je cherche.
    Chaque image est souffle, respiration.
    Mon ressenti est mon vivre,  je ne sais jamais ce qui va s’inscrire en premier de la trame, l’émotion ou la matière. Cela n’implique aucune notion de temporalité.
    Comme un fil tendu dans un tracé invisible.
    La photographie  est pour moi ce qui se rapproche le plus de l’instant. Je photographie dans l’ici et maintenant.

    www.cendrinegenin.com



  9. 6. Ferme de l'Aître

    Colin Gray (Ecosse)

    Né à Hull en 1956, Colin Gray a étudié au Royal College of Art de Londres ; il vit et travaille à Glasgow. Il a commencé à prendre des photos de ses parents dans les années 1960, à l’âge de 5 ans ; saisissant l’occasion de petits événements familiaux, des vacances ou des fêtes, on lui permettait de déclencher et Gray commença à collecter les instantanés captés dans des appareils rudimentaires  (la « brownie box » au format carré). Au cours de la quarantaine d’années qui suivirent, cette série a pris corps et nourri un propos très personnel, documentant ses parents aimants, les photographiant en train de travailler, d’accomplir des tâches ménagères, mais aussi de jouer — pour leur seul plaisir ou avec la complicité facétieuse de ce fils metteur-en-scène. Cette proche collaboration a donné lieu notamment à la série « The Parents » (montrée au Musée de la photographie à Charleroi en 1996, puis partiellement dans le cadre de la seconde biennale de photographie en Condroz, où Gray signe donc une manière de « retour »). « In Sickness and in Health », le volet suivant publié chez Steidl Mack en 2014, tient la chronique de ses parents jusque dans la vieillesse, la maladie, la perte, l’ultime séparation suite au décès de sa mère. Pudique, sensible, bouleversante, cette série a valu au photographe une plus ample reconnaissance internationale, tandis que d’autres travaux (« Do Us Apart », à propos d’un père et sa fille; ou « What Did You Do » en 2003, où il ramenait son père sur les traces de son avancée lors de la Seconde Guerre mondiale, sur le sol européen) se poursuivaient en parallèle.

    Photographe atypique au sein de ce registre du « documentaire familial » comme seuls les Anglais savent en produire, exceptionnel surtout de finesse, de profondeur et d’humanité, Colin Gray a exposé dans le monde entier, notamment : Kunsthal, Rotterdam ; Encontros da Imagem, Braga, Portugal ; Maison de la photographie, Prague ; Street Level Photoworks et le Centre australien de la photographie à Sydney. Son travail est édité ou mentionné dans de nombreuses publications dont « The Photograph as Contemporary Art » (« La photographie dans l’art contemporain »), ouvrage de référence de Charlotte Cotton.

    blog.imagesource.com/colin-gray-interview/


  10. Expo-projection ouverte à tous

    Projection d'images proposées par des photographes amateurs et professionnels (appel à propositions).


  11. 7. Chez M. et Mme Carton

    Les photos réalisées par les stagiaires du stage photo pour adolescents animé par Sarah Joveneau et Christophe Danthinne.


  12. 8. Chez Pierre Mossoux

    Babs Decruyenaere (Belgique) 

    L’artiste visuelle Babs Decruyenaere crée un univers personnel avec les éléments naturels qu’elle trouve dans le monde extérieur. Cailloux, feuilles, coquillages, ... elle collectionne les joyaux naturels qu’elle croise par hasard, lors de longues promenades sur les plages de Zélande, Picardie ou Lanzarote. Non pas pour les exposer simplement comme des décorations, mais pour les mettre dans des compositions bien réfléchies, par association visuelle.

    Decruyenaere ne sort presque jamais son appareil photo au dehors, la sélection, le stockage et la création artistique est un processus de concentration et de créativité fluide qui se déroule dans l’intimité de son atelier. Tous les objets sont photographiés et catégorisés avant qu’elle ne les réassemble en compositions étonnantes.

    Ses photogrammes sont des études minimalistes de structures, de lignes, de motifs. L’aspect formel est toujours prédominant. Decruyenaere fait des associations visuelles, presque des abstractions. Elle travaille sur les différents matériaux et la façon dont ils sont reliés les uns aux autres, déclenchant ainsi l’imagination.

    Decruyenaere a toujours été une chasseuse et collectionneuse de beauté. « Enfant, j’étais très asthmatique et mes parents m’ont envoyé dans un sanatorium sur la côte belge. Je me souviens des longues semaines passées au pensionnat, je n’étais qu’une petite fille. Tous les vendredis soirs quand je rentrais à la maison, ma mère avait l’habitude de trouver des coquillages, des petites pierres et beaucoup de sable dans les poches de mes vêtements. Il semble que j’ai toujours été une habituée de la plage... J’ai juste besoin d’être près de la mer de temps en temps. Pour me vider l’esprit, me sentir libre et reprendre mon souffle. Littéralement, même, l’air y est plus pur que dans la ville où j’ai souvent du mal à respirer. »

    « Je ne suis pas vraiment du genre à me passionner pour les tâches administratives et tout ce que cela implique, mais je trouve étonnamment satisfaisant d’organiser et de structurer mes archives et collections de découvertes naturelles. » Ces archives forment une œuvre d’art à elles seules : des piles de boîtes à cigares empilées, minutieusement disposées et leur contenu photographié, la collection forme une Wunderkammer par elle-même.

    « Les matériaux avec lesquels je travaille sont fragiles, tout comme les compositions que je propose. C’est peut-être parce que je me suis souvent perçue comme fragile. La nature et la beauté sont pour moi une évasion nécessaire. Ils m’offrent un monde où je peux respirer librement et être fort, indépendamment de ma santé plutôt fragile et de ma disposition introvertie. Mon travail me laisse respirer, il me fournit de l’oxygène comme les arbres et les feuilles que j’utilise. »

    Les œuvres de Decruyenaere possèdent une modestie harmonieuse qui ne dévoile pas sa beauté au premier regard ;  elle nait au gré des coïncidences et après un examen approfondi de son travail.
    (TIQUE, plateforme pour l’art contemporain, Anvers)

    treeinthedistance.blogspot.com

     


  13. Arpaïs Du Bois (France)

    Pour Arpaïs Du Bois, dessiner est la continuation de penser. Elle est dessinatrice/penseuse, penseuse/auteure, auteure/dessinatrice. Elle concrétise. Son travail ne s’inscrit ni dans le courant narratif, figuratif, anecdotique actuel ni dans celui de l’abstraction ou du minimalisme renouvelé du dessin contemporain. Bien que tous ses travaux font partie d’un grand ensemble, chaque dessin peut être reçu comme une allégation autonome.

    Son travail aide à ralentir le cours de la vie afin de prendre quelques instants pour s’interroger et poser les questions qui doivent être posées, pour se donner la possibilité de regarder en haut, en bas, de côté plutôt que toujours droit devant. Il y a une dimension politique à son travail, car ce qu’elle produit n’est ni plus ni moins qu’une revendication, celle de mots qui s’opposent au rationalisme de notre époque, de pensées qui par leur fausse autorité réaffirment la dimension proprement humaine de nos vies.

    Pour la Biennale, Arpaïs Du Bois présente la totalité des dessins et des photographies de son blog ‘Instant de jour et dessin d’un soir’ (arpais.blogspot.com). Pendant 10 ans, jour après jour, tous les soirs, Arpaïs a posté en diptyque une photo et un dessin du 16 juin 2008 au 16 juin 2018. Cette archive du temps qui passe, d’un regard qui évolue, d’événements grands ou familiers, d’un monde qui vieillit d’une décennie mais toujours vu à travers les mêmes yeux, est montrée sur écran, comme elle a été conçue. L’on peut s’y attarder aussi longtemps que l’on veut, en croquer un morceau jusqu’à satiété, y revenir plusieurs fois ou s’y perdre complètement. Le flot d’images est montré de façon ininterrompue pendant toute la durée de la Biennale. Arpaïs montre également une sélection de dessins récents (2019) comme un clin d’œil au projet terminé. Car l’ancrage dans le présent et l’analyse du vécu ne s’est pas arrêté le 16 juin 2018. Il est encore le fondement et le moteur de son œuvre.

    Cette exposition se tient avec l’aide de la Galerie Fifty One d’Anvers.

    www.arpaïs.com


  14. À OSSOGNE

     


  15. 9. La ferme de Carine Vrancken (serre)

    Les photos réalisées par les stagiaires du stage photo pour adolescents animé par Sarah Joveneau et Christophe Danthinne.


  16. 10. La 2e ferme de Catherine Vrancken (étable ouverte)

    Jef Van den Bossche (Belgique)

    Jef VDB est un tout jeune photographe anversois, encore étudiant à l’Académie Royale des Beaux Arts de Gand. C’est pour un travail scolaire qu’il a réalisé sa série intitulée « On a soif », toujours en cours, sur les « volkscafés », les vieux cafés populaires de Flandre qui ne sont pas encore morts.

    A propos de ce travail, Jef écrit : La bonne santé d’un village ou d’un quartier se mesure à son volkscafé. Pour le patron, et sa langue souvent bien pendue, vous n’êtes pas un client : vous êtes Jos, Erik, Inge. Vous parlez à tout le monde et tout le monde vous parle, les gens du quartier se côtoient entre les sansevières, refont le monde, commentent l’actualité, forgent des projets… Le volkscafé est le laboratoire social du quartier. Quand Jos, Erik ou Inge, les avocats et les ouvriers du bâtiment, les esprits créatifs, les donneurs de leçons, les misanthropes et les philosophes ne peuvent plus s’accouder au comptoir ou s’asseoir aux tables du volkscafé, le village ou le quartier est comme condamné. Pour beaucoup, le volkscafé est le principal point de ralliement, le lieu où tous viennent boire un verre et discuter après leur journée. Leur intérieur est souvent en décalage avec les décors qu’on rencontre aujourd’hui dans les villes modernes. Ils évoquent une époque révolue. Le nombre de ces établissements a fortement diminué au cours de la dernière décennie, et avec eux, la fonction sociale remplie par ces lieux de vie. Nombre de clubs, des équipes de foot ou associations colombophiles, y ont été fondés. Leur disparition contribue à l’individualisation de notre société. Alors que la culture brassicole belge a été reconnue comme patrimoine immatériel par l‘UNESCO le 30 novembre 2016, on peut s’interroger sur la disparition de ces lieux de consommation et sur les raisons de la non-protection de ce patrimoine belge…

    A l’avenir, Jef aimerait également mettre des cafés de Bruxelles et de Wallonie en avant… Avez-vous une bonne adresse à lui recommander ?

    www.behance.net/jefvdb


  17. 11. L’église d’Ossogne

    Damien Caumiant (Belgique)

    s’engager
    s’abandonner (parfois) aux formes, aux couleurs, à la vie
    marcher, éprouver, (s’)épuiser
    respirer
    marcher encore
    trouver son rythme
    glaner
    la démarche est une question d’allure
    La pratique de Damien Caumiant s’articule autour de l’idée du déplacement, de l’exploration du territoire et de l’espace. Au cours de ces dernières années, différents projets abordent cette thématique (« Marche en marge », « Black Sea Loop », « La descente »,..) Des virées en roue libre, en quête de bouts, de seuils, de bords.
    Avec ce dernier travail, le cadre et les contraintes géographiques s’effacent pour s’ouvrir sur une démarche plus personnelle, une quête intime, une méditation dans les replis du monde et quelques fois, entrer en résonance avec lui.
    Après avoir fait des études à l’Institut des Beaux Arts Saint-Luc à Liège et à l’ERG à Bruxelles, Damien Caumiant travaille comme photographe freelance en Belgique et ailleurs.

    www.damiencaumiant.eu


  18. Henri Evenepoel (Belgique)

    Henri Evenepoel est un peintre, dessinateur et graveur belge, né à Nice en 1872 et mort à Paris en 1899.

    Malgré son décès prématuré, il n’avait que vingt-sept ans, il a laissé un héritage pictural exceptionnel. Il fut un peintre de la vie moderne, de l’enfance et de la tendresse. Il avait assimilé l’Impressionnisme, l’école de Pont-Aven et le mouvement Nabis. Certaines de ses toiles peuvent annoncer le Fauvisme.

    Lors d’une exposition-hommage qui lui fut consacrée en 1972 au Musée d’Art Moderne de Bruxelles, le conservateur Philippe Robert-Jones écrit :
    « …Œuvre merveilleusement attentive dans l’émerveillement du monde de l’enfance, œuvre intensément vivante dans le saisissement de l’instant qui passe, œuvre profondément sensible dans l’approfondissement, non d’un simple modèle, mais d’une figure contemplée et cernée. Ouvert à l’admiration comme au conseil, Evenepoel a su affirmer, dans la brièveté du temps qui fut le sien, son désir d’exister… »

    Evenepoel aimait la photographie. C’est en 1897 qu’il fit connaissance avec ce nouveau moyen d’appréhender la réalité et de capter ses instantanés. En deux ans et demi, il réalisa environ neuf cents prises de vue avec son petit pocket-Kodack. Sa famille et des représentations de la vie de Paris sont ses thèmes favoris. Ses photos, qu’ils utilisent régulièrement comme études préparatoires pour ses tableaux, témoignent d’une grande tendresse et d’un sens aigu de l’observation.

    Les photographies de cette exposition ont été aimablement prêtées par Monsieur Laurent Busine. Elles proviennent des collections des Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique.


  19. 12. L’ancien moulin de M. et Mme Verlaine

    Matthieu Marre (France)

    Matthieu Marre est un photographe bientôt quadragénaire, tenace et discret, d’origine française, installé à Bruxelles. Après des études d’anthropologie (Master), il réalise un travail sur les soins palliatifs, et par la suite un documentaire sur la marginalité dans le système hospitalier à partir de l’exemple d’un service de soins de suite et de réadaptation, intitulé SSR (66’, 2010). Puis deux installations transmédias créées avec un collectif (Mittelwerk Express), un univers d’images et de sons mettant en scène l’individu et le pouvoir (2010). « Kitty Kat Massaker » est une kermesse constituée de stands ludiques, de chats chinois qui remuent le bras, de photographies à détruire dans un jeu vidéo, de vidéos à manipuler et à boxer pour en perturber le flux, de dessins, collages (2012). Réalisation enfin d’un film expérimental sur la filiation, « Tu quoque mi fili » (14’, 2014).

    Par ailleurs et surtout, depuis 2001, Matthieu Marre photographie constamment : il s’intéresse à l’intime et « espère y déceler une sincérité des choses ». Il fait de la photographie un regard décalé sur les évidences qui nous sont données, un regard amoureux empreint d’une forme de distance et de mélancolie. Ses photographies n’ont « pas de destination précise » : une même photo contient en elle plusieurs discours, elle « dépend d’un ensemble de perceptions et de sentiments dont on est pétri à la prise de vue ». Ces images appartiennent en ce sens à un ensemble de fictions, d’orientation autobiographique, décomposées par la suite en séries. Les sens — outre le vue, l’odorat et le toucher, surtout — y tiennent une place prépondérante.

    En 2015 il a publie « L’oublié » aux éditions Yellow Now (Liège). En 2016, il intégrait le studio Hans Lucas. Après une première participation lors de l’édition 2015, il retrouve la biennale de photographie en Condroz à l’occasion d’une mission d’un an, qui lui a été confiée pour traduire son sentiment de la région, de la vie que l’on y vit, des questions que l’on s’y pose, des réponses que l’on y trouve — ou pas.

    www.matthieumarre.com


  20. Mégane Likin (Belgique)

    « Que penser, ou plus simplement que savoir, d’une si jeune artiste — récemment exposée à La Boverie et sélectionnée pour le prix de la création —, en cet instant de son parcours ?… Qu’elle a croisé récemment Charles-Henry Sommelette : échanges grandissants, nourrissants, confrontants. Qu’elle a traversé le bain propice ou le laboratoire nourricier de l’Académie des Beaux-Arts de Liège, puis le déclic libératoire, salutaire, d’un départ pour l’Angleterre. En chemin : des soutiens, des amis. Dans le lointain des références : les solitudes et les attentes d’Edward Hopper, et puis la bouleversante « Jeune orpheline au cimetière » de Delacroix. Enfin, courageusement posée sur un horizon plus éloigné encore, « La recherche du temps perdu » de Marcel Proust…

    À bien y regarder d’ailleurs, et à mieux envisager cette jeune praticienne multidisciplinaire (photographe, mais aussi et surtout dessinatrice et peintre, de formation et de prédilection…), on comprend peu à peu qu’il ne s’agit pas tant de contemplation et qu’il n’est même, malgré les apparences, pas vraiment question de paysage dans le travail de Mégane Likin ; elle peint des souvenirs, résurgences vagues et précises qui pourraient être les nôtres, qui sont peut-être les nôtres, qui sont sûrement les siens. Et dont la fragilité et l’apparence d’inachèvement nous font comprendre qu’ils émanent d’une matière changeante, évolutive. La mémoire n’est pas faite d’instants gravés pour l’éternité, immuables, comme a parfois tenté de nous le faire croire certaine pratique de la photographie. Elle est au contraire mouvante et ondoyante comme un ciel que font et défont les nuages, s’approche et repart comme une mer renouvelée. Et la voilà qui peint des choses qui ne bougent pas, dans le même temps où elle photographie des ombres à peine mobiles — dans un style légèrement connoté voire suranné, qui n’est pas sans évoquer certaines avant-gardes historiques, et le langage neuf des années 1920…

    Avec une délicatesse et une qualité de silence qui déjà n’appartiennent qu’à elle, Mégane Likin nous invite, à travers différents médiums, à une forme d’écoute et d’attention : dans le sapin rigide et déplumé, sous la brindille figée ou le sable rare, pour qui sait l’entendre, tout bouge, tout bruisse ; la moindre vie hésite, résiste — et timidement séduit. » (Emmanuel d’Autreppe - nov. 2018)

    meganelikin.wixsite.com/bleu


  21. 13. L’ancienne Brasserie de Mme Belfroid

    Les photos réalisés par les stagiaires d'un atelier résidentiel d'une semaine animé par Marie Sordat.

     

    Exposition du Musée de la Vie wallonne.

     


  22. 14. Chez M. et Mme Geurts

    Sarah Seené (Canada/France)

    Invitée par Brownie, Sarah Seené est une artiste visuelle française basée à Montréal (Québec, Canada) dont le travail s’articule essentiellement autour de la pellicule, notamment 35 mm, Super-8 et Polaroid. Son univers, onirique et poétique, met en lumière des visages, des corps, des humains, où la question de l’intime est centrale. Sarah explore également l’écriture poétique, qu’elle mêle à son travail en images fixes ou en mouvement.
    Ses photographies ont été exposées dans plusieurs expositions personnelles et collectives en Europe et en Amérique du Nord.

    « Mon travail photographique est presque exclusivement analogique. Mes séries sont le fruit de recherches axées sur le concept de résilience dont parle le neuropsychiatre français Boris Cyrulnik : ‘’Comme dans tout développement, on ne pourra parler de résilience que longtemps après, lorsque l’adulte enfin réparé avouera le fracas de son enfance. La résilience constitue donc un processus naturel qui se tricote avec ses milieux écologiques, affectifs et verbaux.’’. La résilience s’est d’abord inscrite dans mon travail par l’intermédiaire de plusieurs séries d’autoportraits au cœur desquelles j’ai moi-même incarné l’objet de mon étude. Il s’agissait alors de questionner mes propres contours face à l’adversité née de plusieurs drames personnels, nichés dans l’enfance et l’adolescence. (…)
    En 2017, mon travail prend un tournant plus documentaire. Tout en me concentrant toujours sur le fil d’Ariane de mes recherches, je me tourne cette fois vers l’Autre. J’entame alors un projet important intitulé Fovea qui met en lumière des jeunes québécois malvoyants et aveugles. La résilience est ici évidente et extraordinairement palpable. Ce projet, nourri par de nombreuses rencontres, est destiné à prendre plusieurs formes, au delà de la simple série photographique.
    Fovea rassemble à la fois des photographies 35mm Noir et Blanc développées à la main, des documentaires sonores ainsi que des descriptions d’images en braille et en gros caractères afin de garantir une accessibilité totale et pour tous au moment de l’exposition. Au delà de la poésie des images, c’est un regard tendre et lumineux que ce travail vise à relater, avec force et bienveillance. »

    www.sarahseene.com


  23. 15.

    Marie Sordat (France) 

    Née en France, Marie soldat vit et travaille en Belgique. Depuis 2004, ses images sont présentées en festivals, musées et galeries à travers le monde (Allemagne, Espagne, Japon, Mexique, Cambodge, Géorgie, Slovaquie…) et publiées régulièrement en catalogues, livres ou revues (Lannoo Editions, Filigranes Editions, « Halogénure », livres d’artiste…) ; sa première monographie, « EMPIRE », est parue aux éditions Yellow Now en 2015.

    Elle enseigne la photographie à l’INSAS où elle organise aussi des rencontres avec les grands photographes belges. Elle est jury pour de nombreuses écoles de photographie et dirige également des ateliers — dont celui, en résidence, de cette 9e biennale. Elle est par ailleurs commissaire indépendante et a dirigé l’exposition et le catalogue « Le Regard exercé » à l’ISELP en 2013, puis en 2018 l’exposition « EYES WILD OPEN » pour le Musée du Botanique (ainsi que le livre l’accompagnant aux éditions André Frère). Elle a figuré parmi les lauréates 2012 du Prix Virginia pour les femmes photographes. Son travail est représenté par Box Galerie (Bruxelles).

    « Mon objectif, dit-elle, n’est ni de faire du documentaire, ni une recherche autobiographique, mais plutôt de mettre en image le silence et l’incompréhension » — équilibre délicat mais approche radicale qui vaut aussi bien pour les accents intimes de son travail que pour ses récits de vie ou de voyage. « Venant d’une formation cinématographique, je travaille toujours mes séries comme un film, avec un début, une fin, utilisant les lieux et les personnages en tant que valeur allégorique ou plastique. Je privilégie souvent le rythme musical des images, cherchant à composer mon album total, (…) tout ce qu’il ne m’est pas possible de dire avec les mots ».

    Et il y a certes, chez Marie Sordat, des secrets qui ne s’échangent qu’en silence. Dans le blanc froid des périodes givrées de la vie, dans l’interstice des murs craquelés, dans l’intervalle d’où nous venons tous et où tous nous cherchons notre billet de retour, du bout des ongles, comme la monnaie de notre soif, l’étanchement d’un besoin d’absolu ou de consolation. Ses photos sont davantage des miroirs mentaux que le strict reflet du monde qui l’entoure. Jaillies comme par les échancrures du réel, elles semblent le plus souvent évoquer la déchirure de la maternité, un coin de voile levé sur un monde en deuil, un retour à l’écriture de la lumière comme surgissement, comme apparition. Il faut ici considérer le paysage comme un état d’âme, ou plutôt les états d’âme comme une forme particulière de paysage. Et, en ce compris, les êtres et les visages, mystères qui vibrent et qui, parmi d’autres mystères, nous entourent ou nous désignent.

    www.mariesordat.net

     


  24. Damien Daufresne (France)

    Le monde est là.
    Je veux dire le ressac du monde, qui dans chaque photographie tantôt s’apaise tantôt se brise et s’entrechoque.
    Et Damien Daufresne, regard émerveillé – émerveillé – est ébloui.
    La vague s’abat sur les rochers, un arbre ploie inexplicablement sous l’injonction de la nuit, les corps se rencontrent et parfois se heurtent. Puis la consolation d’une autre vague, bordée d’écume lactescente, qui se love sur le sable, un ventre de femme lisse émerge à peine à la surface de l’eau, un incompréhensible œil de baleine placide, une madone – comme une prière – au regard extatique, derrière la vitre d’un train…
    La photographie est faite par des voyeurs ou des voyants.
    Damien Daufresne est de ceux-là. Avec une pureté (je dis bien une pureté, c’est-à-dire une grâce sans imposture ni inquiétude, une modestie en quelque sorte, pas une naïveté ou une mièvrerie) du regard, il saisit des images qui sont autant d’épiphanies.
    Par son regard porté, il décèle dans ses photographies des fulgurances : comme si soudain il mettait le monde en lumière. C’est là, un instant, et lui sait voir « le petit fait d’écume » : douceur, violence, incandescence mêlées.
    Je suis bien incapable de le comparer au regard d’un autre, de lui trouver vraiment une parenté quelconque parmi les photographes. On pourrait jouer les rapprochements formels, peut-être, en y cherchant bien. Mais il a trouvé dans la photographie une langue autant qu’une écriture qui n’appartiennent qu’à lui, mystérieuses sans être hermétiques, un chant profond en somme.
    Ses images sont bien des éblouissements. Si ce n’était des photographies, je penserais que cela n’a jamais été et qu’il l’a rêvé, peut-être. Elles sont pourtant là, contagieuses d’ivresse, comme autant de respirations saisies et immiscées entre le flux et le reflux, avant que la marée du temps, de la nuit, du mouvement qu’importe, ne se retire ou ne vienne tout recouvrir, qu’il n’y ait plus d’empreinte, de présage ou d’indice.
    Mais il ne produit pas de preuves, il n’est ni sentinelle ni témoin. Il est juste là, comme en miraculeux équilibre à la lisière du monde, nous tenant en haleine, comme si nous n’avions jamais existé et que tout restait encore à venir.

    Caroline Benichou

    www.damiendaufresne.com